mardi 2 août 2011

Média à tort

Tiens, ils passent leur nouvelle loi sur le médicament, là, dans la foulée de l'affaire Médiator. Trop de dysfonctionnements, blabli, des morts, blablo, responsabilité du fabricant, blabla, intediction, patati, montrage du doigt, patata. Et donc, loi. Parce que dans ce pays, on pond des lois sous le coup de l'actualité et de l'émotion, vite fait, pour bien montrer qu'on agit, au lieu de prendre le temps de mettre les choses à plat quand il le faut, dans la sérénité et le consensus, on préfère faire dans la précipitation après une bonne campagne médiatique bien anxiogène comme on sait les faire par ici.

Mais rappelons l'histoire du Mediator, qui a tout déclenché : un produit antidiabétique un peu ancien, un peu dépassé, était massivement employé comme amaigrissant. Comme à force d'abus, il y a eu des accidents graves (morts ou malades), on a fait les gros yeux et interdit le produit. Nos élites avaient promptement réagi et sauvé la situation, préparaient une loi dont elles s'autocongratulaient d'avance, et tout allait pour le mieux.

Sauf que....

Pourquoi n'a-t-on pas mis le nez dans le dossier il y a dix ans, quand un produit similaire a été mis sur la sellette ? Ou il y a vingt ans, quand on avait réformé tout ce qui touchait aux coupe-faims ? Parce que le fabriquant représentait un gros bout de la taxe professionnelle du patelin que dirigeait à l'époque un de nos plus éminents dirigeants actuels ?

Sauf que....

Qui est responsable : le fabriquant qui a continué à vendre une merde tant qu'on lui en demandait* ? Ou ceux qui réclamaient le produit miracle pour perdre des kilos ? Ou les toubibs qui les prescrivaient ? Je rappelle qu'on ne condamne pas les constructeurs automobiles pour les près de 5000 morts par ans sur nos routes (au tarif actuel, la bagnole tue tous les ans dix fois plus que le Mediator en 40 ans) ?

Donc bon... Tant que des bonnes femmes seront prêtes à tout pour perdre des kilos en trop qu'elles s'imaginent avoir, des toubibs leur refileront des merdes miracles. ça aura été les amphétamines, les diurétiques, les hormones thyroïdiennes et autres saloperies. Demain ce sera autre chose. Et une fois encore on nous pondra une loi inutile en se gobergeant.

En attendant, j'ai envie d'une grosse platée de tagliatelles à la carbonara, avec plein de crème fraiche, de lardons et de parmesan, et de la faire passer avec un bon coup de rouge. ça me fera pas maigrir, mais au moins ça me fera rire le ventre, tiens.

*C'est vraiment pas pour le dédouaner, mais j'ai bien l'impression désagréable que ce n'était pas lui le plus cynique dans l'affaire.

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