mardi 30 août 2011

Sacré Fridouille !

Oh, ça faisait longtemps que Frédéric Lefebvre ne m'avait pas fait rire. Il faut dire que, depuis qu'il avait été placardisé dans un secrétariat d'état, il devait essayer de travailler ses dossiers, ce qui laissait moins de temps pour dire des âneries, et ça le cantonnait plus ou moins à son domaine de compétence gouvernementale.

Or, là, pouf, au retour des vacances, il fallait qu'il se lâche pour montrer qu'il avait la pèche, et bam : "Pourquoi est-ce si difficile pour la France de faire baisser le chômage ? Il faut dire la réalité: parce qu'on a un taux de natalité beaucoup plus important que beaucoup d'autres pays."

Rien que ça. C'est parce qu'on fait des mômes qu'il y a des chômeurs. C'est vertigineux. La dernière fois que j'ai vérifé, quand on faisait des mômes, ça donnait du boulot aux accoucheurs, sages-femmes, puéricultrices, fabricants et revendeurs de layette, maîtresses d'école, moniteurs de colonies de vacances, pédiatres, diffuseurs de dessins animés et de happy meals et autres fabricants de jouets, gadgets et autres cahiers à grands et à petits carreaux.

Ça fait du monde. Ça représente de l'activité. Beaucoup d'activité.

Alors, de fait, les choses ont changé. Au nom du budget de l'état, on a mis au chômage ou à la retraite sans remplacement maîtresses d'écoles, animateurs de centres aérés, profs divers, surchargeant les classes, rendant les services d'urgences pédiatriques inefficaces, voire dangereux... Et justement, on se plaint du poids des retraites dans le budget de l'état, poids rendu insupportable par une démographie insuffisamment nataliste.

L'arithmétique pourtant très simple de la chose semble échapper à ce bon monsieur Lefebvre (comme quoi, il n'y a pas pas qu'en littérature du XVIIIe siècle qu'il est mauvais), ou alors il s'agit d'un calcul plus subtil que ça : les retraités, on le sait, coûtent cher à l'état, mais sont aussi les grands responsables de la défaite de Jospin en 2002 et de la victoire du Leader Minimo en 2007. Ils votent majoritairement à Droite, voire même très à Droite. Alors que les enfants ne votent pas, et qu'on a réussi à tellement désintéresser les jeunes de la politique que même en grandissant, ils ne votent pas non plus. Il est peut-être pas si con, en fait, le Frédo.

Mon message d'utilité générale est donc simple : Pour neutraliser un vieux qui vote à Droite, faites un môme. La France vous en remerciera.



Bon, par ailleurs, pour en revenir à des choses plus importantes que les vaticinations d'un porte-flingue maladroit*, et donc au sujet d'hier, à savoir la déslipation de Superman : non, mais sérieusement, regardez son logo, à Superman ! Il a la forme d'un slip ! Et il est frappé d'un S comme Slip ! C'est bien la preuve que le slip est consubstantiel de l'identité de Superman !


*Lefebvre a bien de la chance que Michel Rocard ait, pas plus tard qu'hier, rappelé que le droit de dire des conneries était un Droit Fondamental de la personne humaine. Mais...
Quel est le salopard de cancrelat communiste, de vermine lubrique de papier, d'étron sanguinolent qui a dit que moi aussi, du coup, j'avais bien de la chance ? Je vous déteste....

lundi 29 août 2011

Fiesta del slip


La clé du mystère aura donc été dévoilée : si Superman est déslipé dans les comics dès septembre, c'est pour préparer le terrain à la version filmique de Zack Snyder, elle aussi dépourvue de cette pourtant indispensable pièce vestimentaire.

On peut s'interroger sur ce manque patent de cohérence dans l'œuvre de Snyder : c'est lui qui avait pudiquement reculotté les Spartiates de 300, avec d'élégants moule-burnes de cuir qui en soulignaient le côté gay friendly plus que n'aurait jamais su le faire une simple nudité stouquette à l'air, de toute façon contraire à la morale hollywoodienne. Là, on lui confie Superman, et il s'empresse de lui ôter un attribut pourtant classique, celui censé dissimuler d'autres attributs, tout aussi classiques (mais que planquaient les Spartiates, faut suivre), ceux que la tradition occidentale préfère généralement cacher (on se souvient des avanies qu'un moine avait ainsi fait subir à un Christ Crucifié de Michel Ange : pour ce saint homme, Jésus était comme Mickey et Barbie, et ne devait exhiber ni bite, ni couilles)(et n'oublions pas que Superman n'est pas dénué d'aspects christiques, en tout cas c'est ce qu'avait tenté de nous faire croire Brian Singer il y a quelques années).

Quel est le sens, alors, de cette croisade du déslipage, qui prive une de nos icônes d'un moyen pourtant simple de se maintenir le paquet bien au chaud ? Pourquoi ? Est-ce une rétribution karmique quelconque ? Une volonté de s'approprier le mythe ? Un avatar pseudo modernophile de la mode des remakes "au goût du jour" ?

Qu'importe. Moi, je me dresse fièrement, mieux encore, je m'érige avec véhémence contre ce déslipage, et je le fais savoir.

Hasta siempre el slip !


dimanche 28 août 2011

Attention, cette note de blog contient de vrais morceaux d'incitation à la haine

Le fiston vient d'allumer la télé pour regarder le sport, parce qu'il y a des trucs d'athlétisme. C'est la pièce à côté et, alors que je travaille à relire de vieilles traductions en vue d'une réédition, j'entends les commentaires de... Je ne vais pas dire journalistes, j'ai trop de respect pour la notion de journalisme. Des... Baveux sportifs.

Il y a un problème, là, c'est juste pas possible. Je veux bien comprendre que commenter un marathon, ça doit à peu près être le truc le plus chiant du monde. mais meubler avec du vide intersidéral à ce point, je pige juste pas, c'est quasiment conceptuel, à ce stade.

"Et regardez la façon de courir de machine, c'est de la pure poésie en mouvement", suivi par un plan moyen sur quinze bonnes femmes musculeuses en train de courir comme des robots, parfaitement synchronisées. S'ensuivent des considérations diverses et variées sur des prononciations, des statistiques, ce qu'est devenu tel entraîneur, le décalage horaire, etc.

Dans la famille l'être et le néant, ils ont choisi le néant, c'est clair. Même si j'appréciais un tant soit peu le sport, je crois que ce genre de péroreurs m'en guérirait vite. Et on les paye pour faire ça, en plus. Je crois que je leur souhaite du mal, des trucs dégueulasses voire même des maladies tropicales immondes. à toute la corporation des commentateurs sportifs. Par principe. L'humanité ne s'en portera que mieux.

samedi 27 août 2011

Ph'nglui mglw'nafh

Aucun document ne correspond aux termes de recherche spécifiés (xfgfazeuio^qsfddfghjklmù` xwvnb,;:=).

Suggestions :

  • Vérifiez l’orthographe des termes de recherche.
  • Essayez d'autres mots.
  • Utilisez des mots clés plus généraux.
  • Spécifiez un moins grand nombre de mots.
Ouais.... Je ne devrais pas déménager des étagères à CDs sans les vider et sans couper l'ordinateur qui est à côté.

vendredi 26 août 2011

"Un piège à con, Monsieur..."

...Et je suis tombé dedans.

Faut dire que j'ai cherché la merde, hein : sur la note d'hier, j'ai mis les mots "bonnes" et "résolutions" côte à côte. Alors que tout le monde sait qu'il ne faut jamais faire ça. Je le sais tant et si bien qu'en janvier, quand on me demande si j'ai pris des bonnes résolutions de bonne année, je réponds systématiquement "non, parce que primo, on est incapable de les tenir, et secundo, on a mauvaise conscience de ne pas les avoir tenues, deux bonnes raisons pour s'abstenir, c'est doublement contre-productif, ces conneries". Et là, comme un con, je mets l'expression en tête de texte.

Forcément, à partir de là, toute tentative de me conformer à ce que je disais ne pouvait que me péter à la gueule. C'était pourtant évident, non ? Mais non, fallait que je tente le diable. Et m'en voilà fort marri.

Tout a commencé ce matin. Somnolant devant mes tartines, mon café et mes filles, je me remémorais que j'avais vaguement promis une propal à un studio de créa avec lequel il m'arrive de bosser, et que j'avais promis ce texte pour la fin de la semaine, et que par un malencontreux hasard, on était déjà vendredi. Je faisais la liste des trucs à traduire, au cas où il y aurait un truc urgent qui me permettrait de procrastiner sur ce dossier de propal, mais il fallait bien se rendre à l'évidence : rien de tout ça n'était particulièrement urgent et ne pouvait justifier de passer avant. Il fallait donc que je me tape ce boulot de commande à la noix, dont il se trouve que les deux ados qui mangeaient leurs céréales à la même table où je clapotais dans mon café étaient pile poil dans le cœur de cible. J'ai donc commencé à les cuisiner, prenant mentalement des séries de notes.

Et, une fois sorti de table, j'ai compilé ces notes et livré en deux heures un document qui correspondait merveilleusement aux attentes de son commanditaire, alors que je pensais en avoir pour la journée. Certes, ce boulot était un truc affreusement commercial, de l'exploitation de licence assez cynique et formatée, mais il faut bien vivre, et en l'abattant à cette vitesse, d'un coup, je me retrouvais avec la journée de libre pour m'attaquer à des travaux d'écriture plus personnels, comme une nouvelle fantastico steampunk, un article sur la place des rêves dans l'univers de Lovecraft, ou une mise à jour de mon grand dictionnaire Nikolavitch-Français*.

La belle vie.

Le bonheur.

Et bien entendu, le téléphone a sonné, un appel au secours, un dépannage à l'extérieur. Il a fallu que je sorte sous une pluie battante pour filer un coup de main à un de mes employeurs occasionnels, le genre de chose que je peux difficilement refuser, parce qu'il faut les nourrir, les zozos avec qui je prends le petit dèj.

Je suis rentré à neuf heures du soir avec un mal de crâne épouvantable, et bien entendu, quand je fais le bilan, j'ai pas tapé une ligne de projet perso de la journée. Tout au plus ai-je répondu à des mails d'un dessinateur avec lequel j'avance sur un album pas encore signé, promis un bout de trad pour lundi, et passé l'après-midi à me confronter à des problèmes absurdes qui ne me concernaient pas, en me demandant ce que je foutais là.

Il y a des jours où j'ai l'impression que l'univers me hait.

Alors je le lui rends bien.




*Cet indispensable opuscule permettant aux malcomprenants de toucher du doigt la portée de mon fracassant génie en mettant ma prose à leur portée contient des définitions du genre "Formule 1 : sport réservé aux conducteurs du dimanche."

jeudi 25 août 2011

Bonnes résolutions scripturatoires

Il faut que je me remette sérieusement à écrire. Je veux dire à écrire de la fiction en prose, pas des essais vaguement érudits sur des mecs en slip sur leur pantalon qui vident leurs querelles en se lançant des voitures à la gueule, pas des scénarios de bandes dessinées que les éditeurs me rendent en fronçant le nez parce qu'il n'y pas assez de gros seins, de bons sentiments, de trucs qui font kiffer les djeunes ou trop de mots compliqués, et bien sûr pas des conneries jetées en pâture à des gens assez désœuvrés pour lire des blogs, mais des nouvelles ou des romans.

Des romans, j'en ai écrit deux à ce jour, deux polars qui dorment paisiblement dans un tiroir en attendant que je les révise de fond en comble. Mais je me traine depuis longtemps des idées qui permettraient d'en faire quelques uns, qui seraient adaptées à cette forme-là, et pas à la BD. Il va falloir que j'en fasse quelque chose un jour, faut que ça sorte.

Des nouvelles, j'en ai des caisses. Et je n'en ai publié que quatre à ce jour. Mais ça fait bien quatre ou cinq ans que je n'ai pas même tenté d'en écrire une (les notes jetées dans un calepin ne comptent pas. des calepins, j'en ai des wagons, et la nouvelle sur Charles Manson que je bricole depuis dix ans, je n'en tape que trois lignes par an en moyenne). Et entretemps, j'ai un peu changé de vie, changée de manière de fonctionner et d'écrire, et si j'ai acquis une certaine aisance dans l'écriture de scénario (à partir du moment où je sais où je vais, je peux tomber de la page et résoudre des problèmes techniques à une vitesse que je n'aurais pas crue imaginable il y a cinq ans), c'est peut-être au prix d'une spécialisation de mon écriture. Le scénario, c'est une écriture très sèche, très utilitaire, sans gras autour. C'est une écriture qui se pense uniquement dans un rapport à l'image. Tout l'opposé d'une démarche romanesque. Je pense mon écriture essentiellement dans une perspective BD, une perspective de planches et de cases, sauf quand je me lance dans un article ou un essai, qui sont des approches non narratives.

Sur une écriture en prose, il faut penser la description, exploiter très différemment la documentation, s'adapter à des rythmes plus fluides, plus discrets.

Pourquoi ça me prend d'un coup, cette envie de m'y remettre ? Parce que primo, on m'a commandé une nouvelle pour une anthologie (et que je procrastine comme une merde alors que le compteur tourne) et qu'un collègue que je n'avais pas revu depuis bien trop longtemps (Olive, ça m'a fait un plaisir fou de te revoir, tu peux juste pas t'imaginer) m'a un peu botté le cul à ce sujet, ce midi. Et il a bien raison.

Donc je sens que je vais ressortir mes notes, les remettre à plat, faire le tri. Et puis retomber de la nouvelle, déjà, pour me rôder un peu. Parce que merde, quoi, faut pas s'encrouter.

Voilà.

Mais bon, je m'épanche, je m'épanche, et vous vous en foutez probablement, vous qui venez ici pour votre dose de saloperies déversées sur le monde qui m'entoure, de commentaires aigres-doux et de calembours à trente centimes d'euros. Il faut que je me ressaisisse.

Tenez, la pensée du jour, du coup, qui m'a été inspiré dans les transports par des jeunes mal habillés arborant des raybans ridicules : "les gens qui sont capables d'apprécier David Guetta n'ont que ce qu'ils méritent".

Voilà voilà. Je vais me refaire du thé, tiens, vu que je boycotte les sodas pour ne pas donner raison aux agités de la fiscalité (mais j'ai pas de mérite : c'est pas difficile de boycotter les sodas quand on déteste ça) (putain, ils vont encore surtaxer les alcools, par contre, ça craint, ça).

mardi 23 août 2011

En cherchant bien, je suis même sûr qu'on peut y trouver les oeuvres complètes du Fulchibar

à l'occasion de démarches administratives à Paris, Je suis repassé vite fait à la librairie Regard Moderne, rue Gît le Cœur dans le 6ème, où je n’avais plus remis les pieds depuis cinq ou six ans, en fait depuis que je ne passe plus à St Michel qu’en coup de vent et dans des but précis, genre rendez-vous urgents, courses spécifiques, etc. Pour ceux qui ne connaissent pas, Regard Morderne, c’est une minuscule librairie alternativo underground dans laquelle on trouve de tout, du comics aux études sur les drogues psychédéliques, des trucs sur le SM, le NSK, l’érotisme et les tatouages, Lovecraft, le Kama-sutra et Fantômas, sur la contre culture en général, les pulps, le polar, des artbooks zarbis, des K7 de William Burroughs et des DVD du Jim Rose Circus (ou l'inverse, d'ailleurs, on s'y perd). Regard Moderne, c’est un peu comme si on ouvrait une librairie dans la tête d’Artemus Dada.

Le truc, c’est que ça a toujours été immensément bordélique, mais que le bonhomme qui tient ça a toujours su où était tout. Il a une espèce de mémoire éidétique de son stock, un peu comme un dragon d’heroïc fantasy qui appelle chacune des pièces d’or de son tas par son petit nom. Et une mémoire au long terme, aussi : je lui posai la question à propos d’un vieil artbook que j’avais vu chez lui, il a pu me dire précisément combien il en avait eu et depuis quand il ne l’avait plus (ce qui est fort dommage : j'adore le boulot de Keleck).


Mais le truc terrifiant, c’est que le bordel ambiant a fait des petits. Ça a toujours été capharnaümesque au dernier degré, c'était déjà proverbial pour ça il y a vingt ans, mais là, c’est pire. Pour accéder au fond du magazin, il faut se contorsionner et passer entre les piles instables de bouquins. Son local fait, à vue de pif, 25 ou 30 mètres carrés, mais il y a dedans de quoi remplir ras la gueule une librairie de 100 ou 120 mètres carrés. Et ça aurait l’air bien plein. Là, c’est juste devenu la documentation de Gaston Lagaffe s’il avait bossé dans un asile de fous où l’on aurait fini par enfermer les Freak Brothers, Jacques Bergier et tous les personnages de Hellraiser pour qu’ils y fassent des partouses et des petits. On a peur d’éternuer, parce qu’au moindre geste de traviole, c’est 150 kilos de bouquins qui vous tombent sur la tronche en déclenchant des réactions en chaîne.

C'est la négation totale de la vogue actuelle du flux tendu, selon laquelle "le stock, c'est le mal", celle qui fait que votre supérette du coin n'a plus de frites surgelées quand vous vous déplacez exprès pour aller en acheter, ou que votre pharmacien n'arrive plus à avoir le vaccin dont vous avez besoin pour votre rappel à faire cette semaine, dernier carat. Ce genre de pieds de nez appuyé à l'esprit du temps est aussi salutaire que rafraîchissant.

C’est tentaculaire, foisonnant, étrange et merveilleux tout à la fois. J’avais oublié à quel point j’adore cet endroit.

lundi 22 août 2011

M'en fous, je vous emmerde et je rentre à ma maison !

Je note avec consternation que le DVD a rendu les studios fainéants. Dans le temps, les gens de chez Disney adaptaient les génériques de ses dessins animés pour y caler les titres français. Depuis que tout ça sort en DVD, ils se contentent de transcoder le master de l'édition US et d'y ajouter une piste son VF. On a donc la liste des gens qui font les voix US, mais pas celle des voix françaises. Je m'en suis avisé en mettant Bernard et Bianca à mes mômes, hier, un long métrage dont j'ai l'impression que l'édition DVD expurge un détail graveleux qui était pourtant assez sympa et dont je garde un souvenir ému, va falloir que j'enquête. Je m'étais remis au boulot, avec le film en fond sonore dans la pièce à côté, et c'est après coup que j'ai eu l'impression qu'il manquait trois à quatre secondes de métrage dans une scène cruciale (celle de "Mais Bernard, votre queue est toute ébouriffée !").

Par contre, il y avait un docu sur les voix françaises, alors l'honneur est sauf, avec interviews de Roger Carel et Perrette Pradier, deux grands du doublage. Et une petite featurette dont le récitatif était doublé par.... Grands dieux... Mais oui, on dirait bien un Christophe Lemoine qui cachetonne en nous livrant non pas un Samsagace sur le retour, mais bien un authentique Eric Cartman ironico-déglingué sous Prozac (ou Haldol, peut-être bien, je ne sais pas ce que son psy prescrit à Cartman, mais si j'étais le psy de Cartman, je le collerais sous Haldol d'emblée, avant d'aller me pendre) ce qui, dans un document promo d'un produit Disney, ne manque pas d'un certain cachet terroristo-mémétique (le terrorisme mémétique étant l'art de créer de subtiles dissonances cognitives à un niveau quasi-subliminal, je me fendrai un de ces jours d'une note détaillée à ce sujet).

Tenez, dans le genre dissonance cognitive qui met la cervelle en vrac, je viole sous vos yeux ébahis le secret de la correspondance privée en vous livrant un échange mailique de ce week end avec le mystérieux J.W., traducteur qu'on retrouve assez souvent dans nos illustrés préférés :

Jay : Authentique monologue intérieur de Peter Parker, dans Marvel Team-Up n°16 :
"Man, am I looking forward to this... Haven't seen a movie in so long, I probably couldn't tell Clint Eastwood from Linda Lovelace."
Et là je *sais* qu'on va s'en prendre à moi, qu'on va me dire : "Tu vas trop loin, Jéjé. Tu peux pas citer l'actrice de Gorge Profonde dans un comic book Marvel/Disney".
M-mais... m-mais c'est pas moi!! C'est Len Wein!! Je vous jure que j'y suis pour rieeeeeeen!!! (Boum, au cachot)

Les preuves existent
Les gens ont le droit de savoir

Moi : Sans déconner ?????
Là où Wein est terroriste, c'est que du coup, s'impose à l'esprit l'image de Clint se livrant à des actes à la Linda Lovelace.
Et là, c'est le drame.

Jay : - It can blow your head, clean off...!
- Oh, I know a lot about "blow" and "head", Inspector...

Forcément, en ouvrant ce dernier mail ce matin, j'ai éclaté d'un rire nerveux devant mon écran. Et mon fiston m'a demandé ce qui me faisait rire comme ça.

L'explication a été fuyante et tendue.




"Je suis pas 'trop grand', c'est juste ce monde qui n'est pas à ma mesure, connard."

dimanche 21 août 2011

Tombent les renards en feu

Ça faisait des années que j'utilisais et que je défendais Firefox, ce navigateur internet qui est le très lointain héritier de l'antédiluvien Netscape. L'outil était puissant, rapide, efficace, des lieux devant l'immonde Explorer. Mais depuis les mises à jour de cet été, tout déconne. Gestion du Java complètement aléatoire, persistances d'affichage anormales, perte de la prise en compte de balises HTML pourtant classiques... Et à chaque nouvelle mise à jour, je me prends à espérer que ces problèmes seront réglés, et à chaque nouvelle mise à jour, c'est pire. Tout se passe comme si la Mozilla Corporation, éditeur du logiciel, était devenue Microsoft de la grande époque. Firefox 6.0 sur Mac, c'est un merdier total. Et la version 5, sortie deux mois plus tôt, déconnait déjà dans les grandes largeurs.

J'envisage très sérieusement de passer à un autre navigateur. Je n'aime pas ça : j'ai mes habitudes, mes paramétrages, mes kilos de signets, et il va falloir exporter, importer, réapprendre. Mais j'en ai marre. Je n'ai plus de fluidité, et donc plus de plaisir à employer le machin.

Le seul problème, c'est : que prendre à la place ? Pas Explorer, que je n'ai jamais aimé (et qui, chaque fois que je me trouve forcé de l'employer quand je squatte l'ordinateur de quelqu'un d'autre me fait pester à force de réagir de travers pour cause de paramétrages natifs de sécurité aberrants, de ne pas prendre correctement le copier/coller, etc.

Safari ? Je l'ai sur ma bécane. C'est le navigateur fourni par Apple avec MacOSX, mais je le trouve lent et souvent malcommode. Opera, j'en garde un souvenir mitigé. Ça existe toujours, au moins ? Reste Chrome, que je n'ai pas encore essayé. Mais un produit Google, vu les orientations technologiques de cette entreprise, je le sens mal.

Alors quoi ? Comment profiter à nouveau des miracles du Ouaibe sans grincer des dents toutes les deux minutes parce que le navigateur fait pas où on lui dit de faire ?

Vous, quelle est votre expérience en la matière ? Votre navigateur préféré ? La raison de vos préférences ?

samedi 20 août 2011

Le spectacle du monde

Ça rigole plus, là. Les membres irakiens d'Al-Qaida a annoncé une campagne de 100 attentats en Irak pour venger la mort de leur Grand Timonier Barbu, de leur Lider Maximo en Burnou, de leur Suprême Mamamouchi de l'auto-sautage de gueule dans des bus bondés.

100 attentats. Un beau chiffre bien rond (alors que Onze/Neuf, faut dire ce qui est, ça sonnait pas terrible). Est-ce qu'Al Jazeera mettra un compteur dans un coin de l'écran, pour suivre l'avancement des opérations ? Pour ma part, objectivement, je trouve qu'il faudrait qu'ils combattent l'ennemi avec ses propres armes, qu'ils se fassent ça avec un grand show à l'Américaine, un genre d'Attenthon, une sorte d'évènement médiatique, un peu comme Ben Sixtine avec sa Catho Pride qui vaut bien les grandes mega churches de la Bible Belt. (c'est con qu'il soit mort, d'ailleurs, le Ben Laden, j'aurais bien vu un combat de catch seins nus et dans la choucroute entre Ben Sixtine et Ben Laden. j'aurais même été prêt à filer des sous pour ce ultimate rumble in the sauerkraut, avec avantage à Ben -sixtine- qui serait alors sur son terrain)

Ça donnerait à peu près ça (l'Attenthon, je veux dire, pas le rumble dans les Francfort) :


"Et avec les dons des généreux spectateurs, notre budget 'vierges houris' pour le petit Ali, 16 ans, qui vient à l'instant de se faire sauter la tronche à Bassorah se monte à exactement..."

Ça fait rêver, non ?

Non ?

Bon.

jeudi 18 août 2011

Il sommeillait pas des masses, le cochon

En vacances, je ne suis l'actu que de loin en loin. Mais là, la Catho Pride en Espagne bat tellement son plein, avec des commentaires de journalistes tellement bêtifiants, et des micro trottoirs sur place tellement affligeants que je regrette même de tomber par hasard sur un journal radiophonique ou télévisé. Et là ils sont tous hystériques parce que Ben Sixtine, il doit parler.

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Il a quand même une sale tête. (vision d'artiste du phénomène)

Du coup, j'ai préféré couper la radio et aller dans une ferme du coin acheter de la charcuterie artisanale (ils ont de la poitrine roulée au piment d'Espelette qui est juste matricide*, par exemple). J'ai été acceuilli par un verrat braillard nanti d'une paire de roubignoles de la taille de pamplemousses. Impressionnant gaillard. Il me foutrait des complexes, à force. Bon, pour le bien que ça lui fera, vu qu'il risque selon toute probabilité de finir en tranches, saucisses et autres côtelettes. Bien fait pour lui. A-t-on idée d'avoir des couilles pareilles.


*"elle tue sa mère", pour parler cru

mercredi 17 août 2011

Lecture estivale

Comme je me suis royalement octroyé une petite semaine de vacances, je ne fais aucune traduction en ce moment, et mon activité scénaristique se borne à de la prise de notes.

Du coup, ça me donne l'occasion de m'attaquer, enfin, à l'étude du Kalevala. Le Kalevala, c'est un texte autour duquel je tourne depuis longtemps, et que je me promettais de lire depuis une bonne dizaine d'années. Mais les éditions en VF étant onéreuses (excuse qui vaut ce qu'elle vaut, ceci dit, vu que j'ai toujours plus facilement mis du pognon dans des bouquins que dans quoi que ce soit d'autre), ça n'était pas arrivé. C'est dans la bibliothèque où j'avais déniché l'an passé une Geste de Cùchulainn que j'ai trouvé un Kalevala, dans une édition assez ancienne, mais fort agréable, fluide, me permettant de mettre de la chair autour de noms que je n'avais fait jusqu'alors que croiser au fil de lectures connexes, comme Väinämöinen le barde né vieux et sage, ou Ilmarinen, le forgeron primordial.

Je suis en plein dedans, prenant des notes (on ne sait jamais, et puis c'est une manie chez moi) sur l'éthique qui s'en dégage, les structures, les entités. Si certains motifs sont connus et classiques, d'autres me semblent sans équivalent dans la poésie épique européenne. C'est une culture étrange et différente que celle que présente le Kalevala, et assez fascinante. Les conflits s'y règlent plus souvent par les duels de poésie (qui est, bien entendu, aussi et avant tout magie) que par l'épée, la cosmogonie y est à la fois familière dans ses motifs et complètement nouvelle dans la forme, et Väinämöinen y semble plus un prototype du Walt Whitman semi-divin narrateur de Feuilles d'Herbes qu'un banal Odin ou autre dieu souverain. Et même si c'est une créature primordiale, il ne se prévaut nulle part d'une quelconque divinité. Mélancolique et accablé par le poids du monde, c'est un personnage proche de la nature, sans doute le modèle du Tom Bombadil de Tolkien (grand connaisseur du Kalevala, justement).

Bon, j'y retourne, justement. Mais je vous le recommande d'ores et déjà.

mardi 16 août 2011

SEreparTI

Ah ! Enfin ! On en avait parlé ici même, le programme SETI avait été mis en sommeil (trop cher, pas assez utile, c'est clair que pour le prix que coûte le maintient de SETI, on peut au moins changer les pneus d'un avion présidentiel). Heureusement, une collecte de fond poussée entre autres par Jodie Foster a permis de relancer la machine. Nous allons pouvoir enfin nous remettre à l'écoute de la musique des sphères, dans l'espoir lointain qu'elle ne soit pas trop cacophonique.

Le problème n'est pas l'utilité (certes discutable), ni la probabilité de réussite (certes réduite) de cette tentative de capter un jour les voix de nos cousins d'outre-espace, c'est le rêve que cela implique, le rêve de quelque chose de grand, et ce pour le prix somme toute modique d'un footballeur de ligue 1 ou d'une bagnole de frimeur. Et par les temps qui courent, alors que les tradeurs sont à nouveau en train de chier à gros bouillons sur le monde, c'est peut-être une cause qui mérite qu'on la défende.

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Et au pire, si les aliens sont méchants, on leur enverra çuneyt Arkin.

lundi 15 août 2011

Don't make assumptions...

...Même le quinze Août !

Car il ne faut pas confondre le fulmar, qui est un oiseau marin* et grégaire, mais surtout boréal ou antarctique, suivant l'endroit où on le trouve, et le fulchibar, qui lui est bien de chez nous et n'est un drôle d'oiseau que dans des conditions favorables et extrêmement contrôlées. Le fulmar sait vomir à la figure de ceux qui l'asticotent, un comportement que le fulchibar n'adopte que quand il a trop bu. Par contre, on ignore totalement si l'un ou l'autre se reproduit en captivité.

C'était une mise au point proposée par l'institut de fulchistique appliquée.


*et d'ailleurs, c'est curieux, chez les marins, cette manie de faire des phrases.

samedi 13 août 2011

Le Renard, c'est un peu le dindon de la farce, dans l'affaire

Pendant une pause télé, ma petite dernière et moi avons exhumé de vieux épisodes d'Aglaé et Sidonie. Alors Aglaé et Sidonie, c'est même pas les moins de 20 ans qui ne peuvent pas connaître, mais carrément les moins de 35, pour situer. Donc pour ceux d'entre vous qui n'étiez encore que de vagues projets parentaux à l'époque (ou qui avez échappé à la télé du tournant des années 70, il y en a aussi), il faut que je re-situe la chose.

Aglaé et Sidonie, à la fin des années 60, c'est une de ces séries animées à base de marionnettes qui étaient assez à la mode dans la production jeunesse (dans la foulée des Maison de Toutou, Pépin la Bulle, Manège Enchanté, Kiri le Clown, etc.), programmes généralement courts et assez simples, destinés à un tout jeune public.

Le cadre en est simple : une cour de ferme, et ses dépendances : étang, bosquet, chemin vicinal.

Les héroïnes (car la particularité de la série est d'être centrée sur des personnages féminins, avec un méchant masculin, un renard. Bon, comme ce n'est pas féministe pour autant, c'est le vieux coq paternaliste qui a toujours le dernier mot et qui sert toujours de dernier recours), les héroïnes, donc, sont une petite cochonne et une oie blanche. Sans que cette caractérisation ne donne lieu à une dynamique particulière, d'ailleurs, ce qui aurait pourtant pu être rigolo.

C'est surtout la façon dont c'est fait qui est marrante : on est peu de temps après les Demoiselles de Rochefort et ça se sent. Il y a plein de passages chantés et dansés, et la parenté est évidente, jusqu'aux intonations des actrices (des sœurs, comme par hasard) qui prêtent leurs voix à la petite cochonne et à l'oie blanche.

Variation sur le thème du Petit Chaperon Rouge, dans laquelle, curieusement, il y a un renard
c'est pourquoi ni l'oie blanche, ni la petite cochonne ne voient le loup


Dans la plus pure tradition du théâtre de Guignol, ça se finit généralement à coups de bâton contre le renard. Mais la tradition est là subtilement détournée, puisque Renard, c'est le héros contestataire traditionnel par excellence, bien avant Guignol lui-même. Faut-il y voir un quelconque message, en une époque où l'ORTF était le dernier rempart contre l'explosion de l'ordre social ? Ou alors peut-être que je surinterprète la figure paternaliste du coq, allez savoir.

Ou alors c'est encore un de ces vieux traumas. Parce que ce qui me gênait déjà à l'époque, c'était le générique. "à tous les enfants qui sont obéissants, nous allons dire au revoir en passant". Cette discrimination envers les enfants désobéissants (et non pas les enfants pas sages, ce que j'aurais pu comprendre dans ma petite tête) me semblait scandaleuse. L'obéissance devait devenir inconditionnelle pour avoir droit au au revoir en passant, l'obéissance et elle seule. Alors que, déjà à l'époque, en bonne tête de lard, je disais que les grands n'avaient pas que de bonnes idées et qu'il aurait été malvenu de leur obéir à tout crin. Bon, maintenant que le grand, c'est moi, et que je dois expliquer à mes propres marmots la vie, l'univers et ce qu'ils doivent faire pour éviter que je leur fasse les gros yeux (genre, au pif, ranger leur chambre et débarrasser la table du goûter), je me sens bien con. Mais bref.

Mais bon, c'était bien essayé, quoi.

vendredi 12 août 2011

Back in the action again with a vengeance

En vous connectant à ce blog, vous avez été exposé au



Le Fulchibar est un agent mémétique expérimental et théoriquement non pathogène. Néanmoins, en cas de surexposition au Fulchibar, veuillez consommer 5 fruits et légumes et prendre contact avec le centre de fulchithérapie le plus proche. Pas d'utilisation prolongée sans avis médical.

mercredi 10 août 2011

La révolution technologique dont Apple devrait s'inspirer




Marre des appareils nécessitant d'interminables mises à jour, qui doivent être rechargés ou qu'on vous pique dans les transports ? La solution existe, pourtant.

mardi 9 août 2011

C'est pas encore cette année qu'on le travaillera, d'ailleurs, le bronzage

Je ne sais plus trop pourquoi (une remarque d'un collègue citant une réplique du film, je crois), mais je repensais dernièrement aux Bronzés, film culte du cinéma français s'il en est (oui, faute d'un Blade Runner, d'un Noblesse Oblige ou d'un Blues Brothers, le cinéma français a les films culte qu'il peut).

Les Bronzés
, plus qu'un film culte (je n'aime pas trop cette expression, en fait. elle a été trop galvaudée par les marchands de K7 et de DVD, vous savez, les mêmes qui mettent chef-d'œuvre à toutes les sauces et inventent des néologismes croustillants comme quadrilogie), c'est le film d'une génération (oui, je n'aime pas non plus cette expression, mais elle convient pas mal à mon propos alors merde, quoi). Heureusement, la génération en question, ce n'était pas la mienne. L'honneur est sauf. Ces tocards qui baisouillent au Club Med, c'est la génération 68, la génération d'avant, celle des gens qui prennent leur retraite ces temps-ci (autant dire, une des dernières générations à avoir droit à la retraite, au rythme où vont les choses, parce que la nouvelle crise financière nous démontre tout le bien qu'on peut attendre des nouveaux systèmes par capitalisation qu'on nous vendait il y a quatre ans encore comme la panacée). La génération des Bronzés, c'était à peu près la dernière à tirer les dividendes des Trente Glorieuses.

La mienne, c'est celle d'après, qui n'a dû le peu de salut qu'elle ait pu gratter à la révolution de la micro-informatique. Du coup, ceux-là, les geeks qui codaient dans leur coin sur des Apple IIe ou les premiers "compatibles IBM", le bronzage, c'était moins leur truc. Ils voyaient le Club Med comme un machin pour vieux beaux un peu ridicules. Ils se reconnaissaient sans doute un peu plus dans le Père Noël est une ordure, à tout prendre.

Imaginons qu'on ait tenté de faire un film générationnel de type Bronzés avec cette bande de rats de claviers (non, je ne suis pas en train de dire que le type qui faisait Jérôme Tarayre dans les Bronzés est un rat, il a beau être copain avec le Président, ne mélangeons pas tout quand même), ça aurait donné quelque chose de très différent...

Qu'on aurait appelé, du coup, Les Bronzés font de l'ASCII.

Ouais, bon, je crois qu'il est temps de conclure, en fait.

lundi 8 août 2011

La citation du jour...

Est de Mickey Spillane, créateur de Mike Hammer et pape d'un genre de polar musclé dont Frank Miller et son Sin City ne sont qu'un avatar parmi d'autres. Pour la petite histoire, Spillane a été aussi un des premiers scénaristes de Captain Marvel. D'ailleurs, sous le nom de Mike Danger, Mike Hammer était censé être un personnage de comics. Mais refusé par les éditeurs, il fut reformaté en personnage de romans.

Bref. La citation du jour, donc...

"Personne ne lit un mystère pour arriver au milieu du truc. On le lit pour arriver à la fin. Et si elle est décevante, on n'achètera plus. La première page vend le bouquin. La dernière vend le suivant."



dimanche 7 août 2011

Devoirs de vacances, la suite

Tiens, dans la foulée de la notule d'hier sur le space op' et de celle de la semaine dernière sur le capitaine Alatriste, je me disais que j'allais vous demander de me faire profiter de vos lumières en roman historique, et d'en faire profiter les autres lecteurs par la même occasion.

En vacances (enfin, vacances, façon de parler quand on fait mon genre de boulot et qu'on a une famille. on n'est jamais réellement en vacances), j'aime bien me fendre d'un ou deux romans historiques, histoire de me détendre. Tous les étés, je lis un capitaine Alatriste, comme je vous le disais l'autre jour, mais j'aimerais bien qu'on me conseille d'autres choses du même genre. Et surtout du même niveau, c'est à dire fines, bien écrites, immersives, solidement documentées. Quelque chose qui me fasse voyager, mais de la bonne façon.

Tenez, en ce moment, je suis dans Le Dieu manchot, de José Saramago, évocation de Lisbonne pendant la Guerre de Succession d'Espagne, avec ses grandes et ses petites gens, ses rêveurs et ses inquisiteurs, ses méandres et ses grandeurs. L'ironie est d'un autre ordre que chez Reverte, mais tout à fait présente. Et l'écriture est très différente, assez in your face, une espèce de déferlement de sensations et d'images, très brut de décoffrage. C'est vraiment pas mal, mais je n'en suis qu'au début.

Et sinon, j'ai réussi à me procurer Six String Samuraï, un film qui serait lamentable s'il n'était pas si génial : dans un futur apocalyptique, un clone de Buddy Holly prend sous son aile un petit gamin, et se fait un trip Lone Wolf and Cub (oui, je sais, Kozure Okami, bande de pédants, mais j'ai une excuse, j'ai découvert ce manga dans l'édition First Comics, à l'époque où la plupart d'entre vous ne saviez probablement pas encore lire voire, pour certains, n'étiez encore qu'une lueur salace dans le regard de votre paternel, alors foutez-moi tranquille, un peu !) et se tape avec de méchants métalleux et de méchants néo-soviets à grands coups de sabre japonais, sur la route de la mythique Lost Vegas. Dis comme ça, a l'air totalement naouaque et en vrille, mais en fait, c'est pire. Inutile de dire que je suis fan. Grave fan.

samedi 6 août 2011

Si la cantatrice est chauve, c'est parce qu'elle avait chopé le rôle dans Star Trek, le film

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On fait plus des vaisseaux comme ceux de Chris Foss
Le futur, c'était quand même mieux avant


J'ai toujours été un grand amateur de space opera, ce n'est pas pour rien que mon premier album en grand format et en couleurs, Central Zéro, relevait de ce genre précis. Depuis tout petit, au point de dévorer des juveniles d'auteur de SF comme Asimov ou Henlein, dont je ne découvris qu'un peu plus tard le reste de la production, quand je fus en âge de chiper des J'Ai Lu SF sur l'étagère de mon grand-frère, puis de mettre en coupe réglée les rayonnages de la bibliothèque municipale pour dévorer en masse Van Vogt et les autres.

Par la suite, en terme de SF, je suis un peu passé à autre chose, aux grandes fresques philosophiques d'Herbert, aux univers déglingués de Dick, aux charges politiques de Spinrad, aux cyber et steam punkeries diverses… Le space op' était relégué aux lectures de vacances, de préférence du bon gros space op' vintage, j'ai parlé ici-même de la Légion de l'Espace de Jack Williamson. Après, je suis à la ramasse en ce qui concerne le matériel plus récent. Les deux space op' les moins vintage que j'aie pu lire, c'est le Hypérion de Dan Simmons et ses suites, très agréable (même si je ne suis pas dupe de son côté copier/coller, mais il résume pas mal le genre, en fait), et après, le Nova de Samuel Delany, très beau, très fin, mais qui date de 1977, quand même. Je ne suis pas certain que les Ender d'Orson Scott Card entrent tout à fait dans cette catégorie, pour leur part.

Le genre a parait-il connu une résurgence, ces derniers années, avec ce qu'on a appelé le nu-space-op (d'autres dénominations existent, mais celle-ci fait bien geek), avec entre autre des étoiles montantes comme Peter Hamilton (j'ai complètement fait l'impasse sur David Brin, je ne sais pas si j'ai tort ou pas). Depuis longtemps, j'envisage de m'y mettre, mais en ce qui concerne Hamilton, ça a l'air tellement touffu et copieux que je ne sais pas par quel bout le prendre. Et le reste, je ne connais que de nom, genre Alastair Reynolds et tout ça.

Je vous mets donc à contribution, chers lecteurs et néanmoins amis (à moins que ce ne soit l'inverse. ou le contraire. bref). Que me conseillez-vous de récent dans le genre (à part la Saga des Sept Soleils de Kevin J. en personne, le premier qui me propose ça, c'est au couteau à huitres que je me le fais). Quelles sont vos pistes de lectures, qu'est-ce qui a fait exploser votre cosmos intérieur, qu'est-ce qui vous a fait vibrer à la frontière de l'infini et, au mépris du danger, avancer vers l'inconnu ?

vendredi 5 août 2011

En fait, je suis de sale poil

L'absence de mes lieux de restauration habituels ne fait rien de bon à mon humeur, c'est clair. Mais comme en plus, au cours de mes travaux de réaménagement, je me suis blessé, je me retrouve avec à la cuisse un hématome énorme, du format et de la couleur d'un Elvis Presley qu'on retrouverait clapotant dans une piscine de son propre vomi un matin de gueule de bois. Bon, faut que je m'estime heureux, trois centimètres plus à gauche, et je me retrouvais nanti d'une des caractéristiques physiques du petit Adolf H., de Branau. Je l'ai échappé belle. Et vous aussi d'ailleurs, ça aurait pu me mettre d'aussi mauvais poil que lui, et ça, c'est peut-être pas une bonne idée, même pour égayer un mois d'Août par ailleurs assez morose* (là, je me suis encore pris la sécheresse dans la gueule en allant faire une course, et je ne savais pas que ça mouillait autant, un été de sécheresse).

Mais bon, alors que j'en serais presque à me lamenter de devoir rester à bosser alors que d'autres se la coulent douce (et auront le front de se plaindre d'avoir eu des vacances pourries quand ils reviendront), je m'aperçois qu'en fait, je ne suis pas seul à bosser : les Chinois n'arrêtent pas non plus. En tout cas, celui de Crusades continue à mitrailler des pages.

Photobucket

C'est déjà ça non ?

(mentions légales : cette image est signée Zhang Xiaoyu, et extraite de Crusades 3 : Le Livre de Sod, à paraître aux Humanoïdes Associés, écrit par Alex Nikolavitch et Izu, l'abus de Crusades ne nuit pas à la santé, vous n'êtes donc pas obligé de l'accompagner de cinq fruits et légumes par jour, par contre, un pastaga, je dis pas)

*C'est peut-être d'ailleurs ce qui est arrivé à ce Norvégien, là, celui qui a pris François Fillon au mot pour démontrer à ses compatriotes de gauche les saines valeurs des défilés l'arme à l'épaule. Mais l'enquête est encore en cours.

jeudi 4 août 2011

Août-toi de là !

Ce qui est bien, avec le mois d'Août, c'est que les gens sont en vacances. Que ce soit dans mon patelin ou dans celui où je fais un remplacement pour dépanner des amis et remplir mes caisses, les rues sont vides ou peu s'en faut. C'est incroyablement reposant. Le versant un peu plus emmerdant des rues vides, c'est que de plus en plus d'automobilistes se prennent pour Ayrton Senna et bourrinent dans la rue. Si seulement ils allaient au bout de l'imitation et se tuaient dans le virage, ce serait un moindre mal. Mais même pas. Les cons ont la vie dure.

Mais ce qui est super emmerdant, dans le mois d'Août, c'est que les gens sont en vacances. Là où je vais bosser (je fais donc un mi-temps en extérieur, en plus de mes traductions et autres scenarii) c'est le bidonville, la ville fantôme, le désert. Le bar à nouilles où j'ai habituellement mes habitudes quand je suis dans le quartier, parce que le menu n'est pas cher, les accompagnements sont bons et les tauliers adorables (et de fait, ils ont bien droit à des vacances), est fermé. L'Irlandais, un peu plus loin, est ouvert, mais n'a de cuisinier que le soir, pas le midi, donc impossible de profiter des ses pantagruéliques cheeseburgers accompagnés de patates et de coleslaw. Me voilà privé d'un seul coup d'un seul de mes repaires habituels. Même la boulangerie qui faisait des parts de pizza de tuerie a fermé (et depuis qu'elles sont carrées, leurs parts de pizza, c'est de toute façon plus pareil).

Il y a bien un Aveyronnais, dont la carte suffit à donner un début d'érection, jusqu'à ce que le regard tombe sur les tarifs, auquel cas on débande aussitôt... Une pizzeria tenue par de vrais Italiens, des Campaniens bourrus comme il faut, qui servent du bon vin, mais là aussi, pas trop souvent parce que le tarif est élevé. Restent quelques brasseries bondées, trucs végétariens pour gonzesses anorexiques où l'on crie famine dix minutes après en être sortis ou sandwicheries quelconques.

Pour bien faire, il faudrait que j'amène ma gamelle. Et ça me gonfle.

Putain sa mère le soir sur le trottoir des grands boulevards, fait chier, le mois d'Août.

mercredi 3 août 2011

Intermède



Je passe vite fait pour un petit rappel, initié par le document accablant ci-dessus.

Les lapins ne sont pas nos amis, ne l'oublions jamais.

mardi 2 août 2011

Média à tort

Tiens, ils passent leur nouvelle loi sur le médicament, là, dans la foulée de l'affaire Médiator. Trop de dysfonctionnements, blabli, des morts, blablo, responsabilité du fabricant, blabla, intediction, patati, montrage du doigt, patata. Et donc, loi. Parce que dans ce pays, on pond des lois sous le coup de l'actualité et de l'émotion, vite fait, pour bien montrer qu'on agit, au lieu de prendre le temps de mettre les choses à plat quand il le faut, dans la sérénité et le consensus, on préfère faire dans la précipitation après une bonne campagne médiatique bien anxiogène comme on sait les faire par ici.

Mais rappelons l'histoire du Mediator, qui a tout déclenché : un produit antidiabétique un peu ancien, un peu dépassé, était massivement employé comme amaigrissant. Comme à force d'abus, il y a eu des accidents graves (morts ou malades), on a fait les gros yeux et interdit le produit. Nos élites avaient promptement réagi et sauvé la situation, préparaient une loi dont elles s'autocongratulaient d'avance, et tout allait pour le mieux.

Sauf que....

Pourquoi n'a-t-on pas mis le nez dans le dossier il y a dix ans, quand un produit similaire a été mis sur la sellette ? Ou il y a vingt ans, quand on avait réformé tout ce qui touchait aux coupe-faims ? Parce que le fabriquant représentait un gros bout de la taxe professionnelle du patelin que dirigeait à l'époque un de nos plus éminents dirigeants actuels ?

Sauf que....

Qui est responsable : le fabriquant qui a continué à vendre une merde tant qu'on lui en demandait* ? Ou ceux qui réclamaient le produit miracle pour perdre des kilos ? Ou les toubibs qui les prescrivaient ? Je rappelle qu'on ne condamne pas les constructeurs automobiles pour les près de 5000 morts par ans sur nos routes (au tarif actuel, la bagnole tue tous les ans dix fois plus que le Mediator en 40 ans) ?

Donc bon... Tant que des bonnes femmes seront prêtes à tout pour perdre des kilos en trop qu'elles s'imaginent avoir, des toubibs leur refileront des merdes miracles. ça aura été les amphétamines, les diurétiques, les hormones thyroïdiennes et autres saloperies. Demain ce sera autre chose. Et une fois encore on nous pondra une loi inutile en se gobergeant.

En attendant, j'ai envie d'une grosse platée de tagliatelles à la carbonara, avec plein de crème fraiche, de lardons et de parmesan, et de la faire passer avec un bon coup de rouge. ça me fera pas maigrir, mais au moins ça me fera rire le ventre, tiens.

*C'est vraiment pas pour le dédouaner, mais j'ai bien l'impression désagréable que ce n'était pas lui le plus cynique dans l'affaire.

lundi 1 août 2011

Alatriste



Comme chaque été depuis quelques années, je me suis lu un tome des aventures du capitaine Alatriste, série de romans due à l'Espagnol Arturo Perez Reverte, dont j'avais jadis grandement apprécié tant le Club Dumas que le Tableau du Maître Flamand. Pourquoi un tome chaque été, alors que tout est disponible depuis des années et que je suis notoirement le genre de boulimique de lecture qui peut s'enfiler une série de pavetons comme le Trône de Fer en quelques semaines ? Peut-être à cause de la nature de cette série. Et surtout de son écriture. Je préfère déguster cela à petites fois que de m'en empifrer.

Alatriste, justement, cela se savoure comme un vieil alcool, à petites gorgées, en prenant son temps. C'est goûtu, chargé d'arômes subtils, de réminiscences à méditer, et d'une ironie redoutable qu'une consommation fébrile risquerait de dissiper. C'est l'œuvre d'un grand fan d'Alexandre Dumas (père) qui s'amuse à un jeu de faux pastiche, et qui convoque tous les grands d'une époque révolue : le Siècle d'Or espagnol. Derrière le capitaine (faux capitaine, d'ailleurs, ou pas tout à fait vrai) du titre, on voit s'ébattre de fins esprits comme Don Francisco de Quevedo* (fin esprit, mais fine lame aussi), Lope de Vega ou Calderon, de grands personnages comme le Comte et Duc d'Olivares (pour le lecteur français, disons que c'est le Richelieu ibérique, comparaison qui l'eut sans doute agacé) ou sa Majesté Philippe IV, si souvent immortalisée par Velasquez**, ou le futur Charles 1er d'Angleterre. Le tout dans le fracas des armes, canons de Flandres, dagues biscayennes ou épées tolédanes, dans la musique des vers (de préférence les féroces épigrammes que s'échangent Quevedo et Gongora) ou le soupir des amants, le tout se mêlant parfois (étreinte d'amants accompagnée de dague dans le dos, duel à l'épée accompagné d'un quatrain ironique, etc.). Le tout est servi par une écriture soignée (et une traduction à l'avenant), élégante et précise, immergeant le lecteur dans une époque flamboyante mais se faisant peu à peu crépusculaire, peuplée de personnages qu'on pourra sans erreur qualifier de picaresques.

Si l'action de chaque roman est (relativement) simple, la lecture est dense. Dense par le vocabulaire recherché (mais évitant heureusement les gongorismes, don Francesco ne le permettrait pas), dense par le contexte, finement décrit et analysé, dense par les jeux de références, internes (l'histoire est racontée a posteriori par Iñigo Balboa, jeune protégé du capitaine, qui souvent fait allusion à des évènements ultérieurs), historiques (la situation politique de l'Europe vers 1620) ou littéraires (tout le tome 5* emploie des artifices issus des comédies de Lope de Vega, qui apparait d'ailleurs dans l'intrigue), mais jamais avec lourdeur, toujours dans une approche immersive, qui plonge le lecteur dans les sordides venelles des bas quartiers de Madrid, dans les caponières des Flandres ou sous les ors des palais.

Hommage aux grands romans de cape et d'épée (on devine des Richelieu, des Rochefort ou des Milady sous les défroques de certains personnages, et Buckingham y apparait, pour sa part, à visage découvert), la série des Alatriste est un plaisir à multiples niveaux, extrêmement ludique.


La botte de Navarre !




Pour ceux qui souhaiteraient découvrir en douceur ce petit univers, il en existe une adaptation en BD par Carlos Jimenez et Joan Mundet (un seul tome publié chez nous contre deux outre- Pyrénées) et un film avec Viggo Mortensen, bourré de qualités, mais qui cherche à condenser trop de romans pour ne pas être décevant en comparaison : en se bornant à raconter le déroulement de l'histoire, il laisse de côté toute la finesse de ce qui en faisait le charme. Il n'en demeure pas moins un festival de plaisir visuel, baroque, avec des acteurs épatants. Mais BD comme cinéma ne sauraient restituer tout le sel des romans.








*Du coup, ça m'a donné envie de me lancer dans l'œuvre de cet auteur, hélas en traduction, car je ne possède pas assez bien le Castillan pour pouvoir en lire de larges portions dans le texte. Mais même traduit, sa vie du truand Don Pablos de Ségovie, vagabond exemplaire et modèle des filous est goûtu et plaisant.

**Par un malencontreux coup du sort, le seul bouquin sur Velasquez que j'aie à ma disposition est en Russe, langue que je possède encore moins que l'Espagnol quevédien, mais heureusement assez pour débusquer noms propres et titres de noblesse. Ce qui m'a permis de constater que dans le film, tant Sa Majesté que son âme damnée le Comte et Duc étaient parfaitement réussies.


***Ce tome, l'avant-dernier à ce jour, tout à fait excellent par ailleurs, porte le titre Le Gentilhomme au pourpoint jaune , ce qu'un vieux lecteur de comics comme moi ne peut que goûter au plus haut degré. Par ailleurs, il boucle avec virtuosité un certain nombre de choses mises en place dans les précédent, et met non sans ironie le narrateur face aux défauts, mais aussi aux qualités de son mentor.