lundi 11 avril 2011

Le Gba de Schrödinger

Ne nous voilons pas la face, d'ailleurs c'est interdit depuis ce matin, mais la situation en Côte d'Ivoire est devenue encore plus complexe du fait qu'elle semble avoir été réglée. En effet, cet après-midi, selon la chaîne de télé qu'on regardait, voire l'heure où on la regardait, ce sont soit les troupes françaises, soit les troupes du nouveau président qui avaient arrêté Laurent Gbagbo. Abidjan était devenue une boite de Schrödinger géante : qui avait arrêté Gbagbo ? La question avait en effet son importance. Si c'étaient les troupes ex-rebelles et néo-légitimistes qui avaient mis la main au collet de l'ex accroché à son fauteuil, tout n'était qu'une affaire interne au pays. Si c'étaient les forces spéciales bien de chez nous, c'était l'ancien colonisateur qui se mêlait du processus électoral et là, ça devenait un peu compliqué au niveau diplomatique, vu qu'aucun mandat ne permettait à la France de monter ce genre d'opération.*

Bon, d'après des déclarations alambiquées faites par des gens sur place, il semblerait que non, la France n'ait pas participé à l'arrestation. Juste au pilonnage et à l'appui de l'assaut, puis à l'encerclement de la cible, pour ensuite s'écarter et laisser des Ivoiriens mener l'interpellation. Au prix de contorsions acrobatiques, la morale internationale est sauve. On a eu chaud. Heureusement que comme Sinistre des Affaires Etrangères on a un mec qui a été prof d'éthique en politique, quand même. Merci à lui.


*Bien entendu, tout ça c'est au moment où j'écris ces lignes. Il est fort probable qu'une version officielle se décante dans les prochaines heures.

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