jeudi 16 décembre 2010

Dernière minute

On vient de m'annoncer la mort de Jean Rollin.

Je viens vous en parler ici parce que, dans les morts cinématographiques, elle va immanquablement être éclipsée par celle de Blake Edwards.

Jean Rollin, pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est -c'était- une sorte de phénomène innexpliqué du cinéma français, un homme qui a patiemment labouré le même sillon narratif des années durant. Rollin, c'est Bunuel qui se serait pris pour le fils de Jesus Franco et d'Eric Rohmer, ou l'inverse, ce sont d'improbables films de vampires à l'érotisme étrange et à la narration complètement éthérée, ces longs plans séquence, ces mêmes brise-lames battus par les flots sur une morne plage qu'on retrouve d'un film à l'autre… C'est bizarrement fascinant et hypnotique, c'est un plaisir diffus qui se mérite.

Si vous n'avez jamais scotché devant un film de Jean Rollin, fin bourré à deux heures du matin, vous ne pouvez pas comprendre ce que je ressens ce soir.

Voilà voilà...

13 commentaires:

  1. Ce sont aussi quelques pornos pas désagréables, je le salue au moins pour ça.

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  2. Tu pleures la disparition de Jean Rollin, je me lamente de celle de Blake Edwards.

    Toi, le surfeur anonyme qui passera par ce blog, choisis ton camp! ^________^

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  3. Alors bon, voilà, je vais être un peu méchant et complètement en désaccord. Avec tous le respect que je dois à l'auteur de ce blog... S'il ne veut pas que ça paraisse (ce que je comprendrais), qu'il modère le commentaire, je ne lui en voudrais pas... Mais pourquoi me taire ?
    Ahem, bref...
    "Narration ethérée" ? Je ne sais pas ce que ça veut dire, même après avoir relu la phrase plusieurs fois, si ce n'est que je la retrouve dans wikipedia, à peu près... Mais je ne te jette pas la pierre, c'est une expression qui colle sans doute au sujet et ce n'est pas pomper que de reprendre un seul mot qu'on aime bien...
    Si ça se trouve, c'est une coïncidence, ou c'est toi qui a fait l'article sur Wiki.
    N'empêche, je ne sais toujours pas ce que ça veut dire, "narration éthérée". Une narration, déjà, c'est pas physique... Est-ce que ça veut dire qu'on peut l'attaquer seulement avec des armes magiques +1 au moins ?
    Parce que moi, la narration de Jean Rollin, j'eusse aimé l'attaquer à coup de pelle.
    Mon avis (et je le partage) est qu'il faut vraiment être fin bourré, effectivement, et n'avoir rien d'autre à faire à 2h du matin, pour apprécier un film de Jean Rollin... Autrement, pas possible.
    Pornos softs (parfois pas si softs que ça d'ailleurs) vaguement expérimentaux d'une époque antique, qui s'éternisent en monologues où l'acteur (minable) sent qu'il n'a rien à dire, et tente vainement de donner du relief à un texte pourrissime. Il ne se passe rien, ce n'est même pas du nanar d'action distrayant.
    Après avoir subi "La morte vivante" et des extraits des "deux orphelines vampires" dans le cadre d'une soirée chez un ami (qui n'est plus mon ami, mais pas à cause de ça) il y a bien longtemps (je n'avais pas choisi le film... j'ai été faire autre chose pendant le deuxième et la fin du premier, n'en pouvant plus...), j'ai décidé que moi et Jean Rollin, nous ne nous entendrions pas.
    Que sa mort soit éclipsée par celle de Blake Edwards ? Mais voyons, ce n'est que justice ! Un réalisateur de faux boulards façon artiste qui se paluche, je pense que les varices de ma concierge pourrait éclipser sa mort.

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  4. Sinon, tiens, quand j'ai lu que Blake Edwards était mort, mon cerveau n'a fait qu'un tour dans le mauvais sens et a cru que c'était Andrew Blake qui venait de casser sa pipe. Lui, il serait mort au noir et blanc, au ralenti. Avec la gaule.

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  5. El, tu fais partie des gens qui n'ont pas scotché par hasard devant le Viol du Vampire à une heure indue et avec un taux d'alcoolémie à mettre dans le coma un gainsbourg de calibre réglementaire. Tu es dans le cas dont je parlais en fin de texte : tu ne peux juste pas comprendre.

    C'est presque shamanique, comme expérience.

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  6. après, je suis d'accord. ton pote (ex pote) qui a imposé deux Jean Rollin à la suite est probablement une crapule (mais bon, la Morte Vivante, je l'avais trouvé assez distrayant, pour ma part).

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  7. Ce que j'ai vu des films de Rollin me conduisait immanquablement, au bout de deux, trois minutes de vision, à supputer quel pouvait avoir été le budget de l'entreprise. J'aboutissais généralement à un chiffre de deux ou trois milliers de francs, en comptant la location de la caméra et les casse-croûtes au saucisson sur les lieux du tournage.

    Le budget est pas un critère de qualité, mais cghez Rollin, ça virait au substitut de scénario... ^__________^

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  8. N'empêche, il a un nom à avoir une place au Panthéon.

    "Entre ici, Jean Rollin"

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  9. C'est bizarre, "narration éthérée" pour définir le style de Jean Rollin, ça me parle !
    Pourtant, je n'ai pas souvenir que j'étais bourré. "Shamanique", ouais, ça colle bien aussi !

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  10. Alors si par "narration" tu veux dire "tenues féminines", okay, mais sinon ? J'étais même pas au courant qu'il y avait une tentative de narration...

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  11. C'est un metteur en scène audacieux par ses choix thématiques et de mise en scène... N'empêche que l'alcool doit aider beaucoup à adhérer au truc... Bon, Jean Rollin est (enfin, était) le Dieu vivant (heu, mort) du ciné-club d'Aurillac, sachez-le.
    (D'ailleurs, saviez-vous qu'il y avait un ciné-club à Aurillac, hein ? Et en aviez-vous quelque chose à faire, hein ? Non... Bien sûr... Bonne nuit.)

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  12. Merde alors... faut que je passe ici pour apprendre la nouvelle.
    T_T p'tain, t'as le chic pour me coller le bourdon avec tes analyses sur notre super société. Bon, j'vais allumer ma console moi et rouler le roi du cosmos...

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