jeudi 25 novembre 2010

Tiens tiens...

L'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire vient de rendre un rapport très intéressant qui met enfin le nez dans les régimes miracles vendus à tour de bras par des nutritionnistes dénués de scrupules avec la complicité d'éditeurs qui aiment bien quand les nombres d'exemplaires vendus s'écrivent avec plus de six chiffres.

Ce rapport n'hésite pas à rappeler une notion de pur bon sens : un régime doit être individualisé -tout le monde ne métabolise pas de la même façon-, encadré, et surtout s'accompagner d'un travail sur le mode de vie -j'ai des voisins qui prennent la bagnole pour faire 500 mètres, et tous les régimes du monde échoueront à leur faire perdre du poids-. Le rapport met aussi le doigt sur la nocivité foncière des régimes déséquilibrés pris en suivant le bouquin sans se livrer à une analyse détaillée des besoins réels de la personne.

Ça fait du bien de voir qu'il y a encore des gens responsables, qui sont prêts à aller à contre-courant de ce culte de la minceur associée au bien-êtrisme. Pour juger du terrorisme auquel se livrent les nutritionnistes, il suffisait de voir, il y a encore quelques temps de ça, les arguments d'un des plus médiatiques de ces marchands d'anorexie, à la télé, qui tentait de faire culpabiliser la représentant d'une association de gens en surpoids. Le type était puant, et avait à mes yeux d'autant moins matière à l'être que j'avais eu entre les mains, vers la même époque, une ordonnance de sa main, qui démontrait à quel point lui-même ne croyait pas à ses boniments : il associait royalement des comprimés d'hormones thyroïdiennes à un diurétique, association très efficace (dans la catégorie plus facile, plus rapide, plus séduisant) mais interdite du fait de ses effets délétères sur la santé.

J'ai beaucoup de respect pour la démarche salutaire de l'ANSES. C'est bien qu'ils mettent les pieds dans le plat et tirent une bordée sur cette mafia d'ayatollahs qui cherchent à régenter nos assiettes. J'ai peur néanmoins que ce ne soit prêcher dans le désert. Les nutritionnistes vedettes bénéficieront toujours de la complaisance des médias, de la complicité de la presse féminine, et globalement de la demande de masochistes qui veulent se montrer sur la plage, mais surtout pas se montrer tels qu'ils sont, et qui réclament du dogme alimentaire. Parce que c'est confortable, le dogme. C'est délicieusement déresponsabilisant.

Enfin...

Du coup, je me demande si ce n'est pas pour ça que j'aime le sumo. Dans le contexte actuel, ça a comme un côté subversif.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

J'ai récupéré un jeu de Sumo sur Megadrive, mais je n'y comprends rien. Tu pourras peut être m'expliquer.

Krka

Nikolavitch a dit…

le but, c'est de pousser l'adversaire hors du cercle. ou de le mettre par terre.

un bon combat de Sumo dure moins de dix secondes.

Zaïtchick a dit…

"Soyez beaux, fins, musclés... et cons.
Et votez bien."

Po(p)litiques a dit…

Je me demande si les nutritionnistes vedettes ne font pas beaucoup de mal à une profession qui ne regroupe peut-être pas que des dealers d'anorexie. D'un côté, je crois qu'en termes de médecine, le passage à la télé est pas un critère d'excellence...

El a dit…

Personnellement, de la part des nutritionnistes, vedettes ou non, j'ai entendu tout et son contraire... A tel point que je me suis fait l'opinion que c'est plus une pseudoscience qu'autre chose.

Néanmoins, ayant eu quelques kilos à perdre (genre 20... A ce stade c'est pas du "bien-être", c'est de la santé) et convaincu par un oncle médecin et plein d'amis qui l'on fait, j'ai tenté le régime du docteur Ducon... Et ça a marché.

Enfin... ça a marché parce que je c'était adapté à ce que j'aime manger, que je mange habituellement équilibré (même si je mangeais beaucoup)... Et que je ne me suis pas non plus laissé emmerder par certaines de ses directives que j'ai jugé assez superstitieuses et arbitraires quant à la bouffe, genre "le jambon blanc est interdit, mais la peau de poulet est autorisée"...

Je n'ai pourtant pas été voir mon médecin. Si c'est pour qu'il me dise d'aller courir en survêtement ou suer en salle de sport sous le regard d'un athlète sadique et dix fois moins intelligent que moi, et ce pour le restant de mes jours, c'est pas la peine : Je savais que je ne l'aurais jamais fait.

Bref, j'ai perdu mes vingt kilos (ce fut long et dur...), je suis toujours enveloppé et loin d'être anorexique, dans la moyenne haute pour ma taille (ce qui ne veut rien dire, mais bon), et jusque là je n'ai pas repris de poids. C'est aussi, je pense, que j'ai changé ma façon de manger après la phase principale du bidule...

Evidemment, on ne peut pas encore juger de l'efficacité de la chose avant un ou deux ans, mais bon, c'est de bon augure, et je suis en bonne santé, donc tout va bien.

Je ne pense pas qu'il faille à toute force rejeter hystériquement les régimes de ce genre, plutôt une certaine pratique du régime...

C'est bien que quelqu'un dise que c'est nocif (surtout les régimes à répétition, les régimes "miracles"...), parce que le postulat de base du régime c'est effcetivement de priver et tromper son corps pour qu'il brûle les graisses accumulées au lieu de stocker normalement...

C'est bien aussi qu'on souligne qu'on peut faire tous les régimes qu'on veut, si on ne change pas ses habitudes alimentaires par la suite ça n'a aucun sens... Faut juste aborder tout ça avec raison et ne pas essayer de ressembler à un squelette.

Bon, c'est mon avis et je le partage...