samedi 20 novembre 2010

And the Gonzo is...

Avec un poil de retard, je viens de lire Artères souterraines, le roman de Warren Ellis. Warren Ellis, ça fait longtemps que je suis fan. Je suis d'ailleurs pas peu fier d'avoir été son traducteur sur plusieurs bouquins, comme Fell, Océan et quelques autres. C'est un auteur dont les obsessions me parlent.

Artères Souterraines est donc son premier roman. Les gros lecteur d'Ellis ne seront pas tellement surpris. C'est fondamentalement ellisien. Ça évoque pas mal Desolation Jones ou Fell, il n'a pas cherché à faire quelque chose de nouveau par rapport à ce qu'il fait habituellement (mais ce qu'il fait habituellement est déjà pas mal décalé). Premier conseil : ne pas le lire la nuit, à côté de votre moitié. Vous risquez de la réveiller. J'ai le ricanement brutal, pour ma part, et ça secoue le lit. Et il faut le dire, ce bouquin est très drôle. Bon, à condition de trouver drôles des types qui se masturbent en regardant des films de godzilla, des milliardaires texans qui feraient passer George W. Bush pour un intellectuel brillant et équilibré, des tueurs en série qui se plaignent de leur traitement par les médias et, d'une façon générale, une écriture assez gonzo.

Oui, en fait, Artères Souterraines ça a un petit côté Chuck Pahlaniuk qui ferait du gonzo. Sauf que ça existe déjà, ça, que ça s'appelle Le Festival de la couille et autres histoires vraies, et que c'est aussi une lecture recommandée. Et que ouais, il y a de sérieux points de convergence. Mention spéciale à la traductrice qui a fait du bon boulot, parvenant à bien restituer le ton pince sans rire dépressif sous anabolisants du père Warren.

Après, si vous êtes choqués par l'alcoolisme et le tabagisme, ce bouquin n'est pas pour vous. Parce que l'alcoolisme et le tabagisme sont les plus véniels des péchés qui y sont décrits (il y a aussi une interview du type qui a inventé la sodomie, un directeur de cabinet qui s'injecte de l'héroïne en regardant Fashion Channel, des expansions testiculaires, de la cuisine texane, des opérations de chirurgie plastique au mastic à salle de bain, des formes rares de zoophilie, et des godemichés en forme de petit Jésus). Evitez d'offrir le bouquin à Christine Boutin pour sa fête, quoi. Elle pourrait mal le vivre.

Personnellement, je recommande assez vivement.

Mais je suis un sociopathe, il m'arrive de manger du Fluff, j'écoute de la techno nazie, je n'ai pas de vie, et Frederic Lefebvre me fait rire. Donc je ne suis peut-être pas totalement représentatif des goûts généraux du public.

5 commentaires:

Zaïtchick a dit…

Frédéric Lefebvre fait rire beaucoup de monde.


Sauf Estrozi.

soyouz a dit…

On dirait qu'il y a un peu de Transmetropolitan dans le côté trashouille des perso, non ?

De toute façon, je verrai bien, il est tout juste mien depuis hier !

Nikolavitch a dit…

oui, un petit peu. mais sans le côté prospective SF. D'où ma comparaison à des trucs plus contemporains mais bien déglingués comme Fell et Desolation Johns.

artemus dada a dit…

Je suis nettement moins enthousiaste que toi sur ce roman : http://artemusdada.blogspot.com/2010/09/arteres-souterraines.html

fabien a dit…

D'Ellis j'ai beaucoup aimé Stormwatch, Transmet, Authority, mais j'ai aussi de temps en temps l'impression qu'il est en écriture automatique. Je vais regarder ça pour son roman. Mais là j'ai quand même le plein à faire, alors bon quoi…