vendredi 23 juillet 2010

Pour l'amour des saines valeurs du sport

Il semblerait que Carrefour, Suez, le Crédit agricole et Adidas réclament à la Fédération Française de Football des compensations, voire des dommages et intérêts, pour le préjudice qu'ils ont subi en tant que sponsors de l'équipe de France.

C'est beau, quand même, cet amour des saines valeurs du sport qui transpire de l'attitude de ceux qui le financent. Ça m'a toujours fait rire, cette histoire de "valeurs du sport". Je n'ai jamais très bien compris. Sauf quand je regardais des documentaires de Leni Riefenstahl, dans lesquels oui, on commence un peu à voir de quoi il est question. Que dans des sports binaires où il y a forcément un vainqueur et un vaincu, la probabilité brute d'avoir mis du pognon sur le vaincu soit de 50% ne semble pas les avoir effleurés. Ou alors c'est l'illustration donnée par les joueurs eux-mêmes de leur propre sens des valeurs qui a gêné les sponsors, allez savoir. Il y a pourtant une banque dans le lot. Et les banques, arrogance et fuite devant les responsabilités, elles sont censées connaître, je dirai même plus, elles sont croyantes ET pratiquantes.

Adidas se plaint de méventes de t-shirts. (d'un autre côté, un imam a récemment mis en garde ses ouailles contre le maillot de l'équipe de Manchester, qui est le mal, non pas parce qu'il y a Patrice Evra dans le maillot, mais parce qu'il y a le diaaAAAaaable dessiné dessus). Personnellement, je n'ai pas attendu la débâcle pour ne PAS acheter de t-shirts de l'équipe de France. Le bleu ne me va pas au teint. Et puis porter un t-shirt d'une équipe quelconque, c'est comme agiter un drapeau. C'est cautionner plein de trucs qui sentent bizarre, et pas seulement la sueur aux anabolisants.

Non, décidément, j'aime le sport. Mais de très loin. Quand ce sont d'autres qui le pratiquent, que ça passe à la télé, et que je regarde un film en DVD.

1 commentaire:

  1. A la décharge des banques et des sponsors, le ratio n'est pas exactement de 50%...

    Les sponsors comptent moins sur une victoire que sur une exposition. Plus l'équipe joue, plus on voit les sponsors. ce qui compte ce n'est pas qu'elle gagne la coupe, ni même qu'elle gagne tout court, mais qu'elle fasse des "beaux" matchs pleins de rebondissements et qu'elle soit éliminée le plus tard possible.

    C'est sur un manque à gagner de ce type, et profitant du fait que tout le monde est déçu pour glaner encore quelques pépètes sur la bête, que les sponsors basent sans doute leurs accusations.

    En misant sur l'équipe de France, qui avait déjà gagné pas mal de choses et qui était adulée (donc image positive du sponsor qui la soutient) les sponsors pensaient rentrer dans leurs frais question temps d'exposition...

    L'équipe était même soutenue au plus haut niveau de l'état (C.F. le pathétique exercice coordonné avec les pieds par des imbéciles aux Relations Publiques de l'Elysée, une soirée foot organisée pour les ministres, à laquelle on a pu voir le gouvernement presque au complet s'extasier en surjouant sur des fauteuils dans une salle avec une télé, suivant les matchs de l'équipe de France en maillot bleu...).

    La chute est d'autant plus dure, et c'est bien fait.

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