lundi 15 février 2010

Plus près des étoiles

Tiens, je viens d'apprendre que George Smoot venait s'installer en France pour bosser à Paris-Diderot. Une fuite des cerveaux à l'envers. Parce que (son nom ne l'indique pas) il est Américain jusqu'aux oreilles. C'est Eric Besson qui doit être content de voir des étrangers venir jusque dans nos labos non pas pour égorger nos fils et nos compagnes mais pour titiller de la particule.

En fait, je m'aperçois que vous ne savez peut-être pas qui est George Smoot. Mais c'est juste parce que vous êtes des incultes lamentables ou peut-être aussi parce que la cosmologie ne vous intéresse guère. Raison de plus pour vous conseiller la lecture de son petit ouvrage, Les Rides du Temps, publié il y a quelques années en Champs Flammarion. Loin d'un traité d'astrophysique (mais M. Smoot est un brillant astrophysicien), c'est le récit d'une belle aventure humaine, celle de la première cartographie du rayonnement de fond cosmologique. Vous vous rappelez peut-être des images du satellite COBE, attendez, je dois avoir ça quelque part...

Voilà :

Photobucket

Vous allez rire, mais c'est une photo de l'univers alors qu'il n'était âgé que de 300.000 ans. C'est fou ce qu'il ressemble à ses parents, d'ailleurs, mais je m'éloigne du sujet.

Bon, ben c'était lui, en tout cas. George Smoot. Et ça lui a valu le Nobel. Nobel qui lui vaut d'être recruté ici dans un laboratoire Astroparticules et Cosmologie. Du pointu, quoi. Et son bouquin est plutôt un récit de galères techniques et historiques, de bricolages honteux destinés à enfin créer et satelliser l'instrument qui a relevé les images ci-dessus. Il a mis plus de vingt ans. Il a squatté des avions de la CIA, tenté des trucs avec des ballons, squatté les satellites des autres. Ce bouquin est génial, c'est aux antipodes de la science fulgurance, c'est le récit d'une obsession maniaque qui finit par payer dans un domaine relativement abscons (mais il explique très bien le machin, ceci dit).

Alors voilà, je voulais juste souhaiter la bienvenue à ce monsieur. Ça me semblait la chose à faire.


Les rides du temps

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