mardi 17 novembre 2009

Werner Heisenberg




"L'univers n'est pas seulement plus étrange que nous le pensons, il est aussi plus étrange que nous pouvons le penser."

(Werner Heisenberg, 1901-1976)

Heisenberg, en faisant avancer la science, lui porta aussi un bien mauvais coup. En effet, il formula le célèbre principe d'incertitude (dit aussi principe d'indétermination) qui porte son nom, et qui consomma le divorce entre le sens commun et la science de haut niveau, jetant les bases de la physique quantique. Après Heisenberg, la physique devint relativement inaccessible même à la vulgarisation, brassant des concepts difficiles à exprimer sans un solide bagage mathématique, et dont la formulation verbale était obligée de passer par des métaphores hardies comme celle du Chat de Shö… Shü… Shreude… Schrödinger, putain, voilà, j'ai réussi à l'écrire, à la fois mort et pas mort, un état que l'on ne retrouve guère dans le monde à échelle humaine que chez les papes en fin de règne et les dictateurs soviétiques dont la date de péremption est dépassée.

Mais Werner Heisenberg aurait pu aussi devenir le père de la bombe atomique nazie, un cauchemar qui ne s'est heureusement pas réalisé. Quand il fut interrogé par les Alliés, il prétendit avoir fait de la résistance passive, se refusant à livrer au Reich une arme qui l'aurait rendu tout puissant. Les Anglais avaient néanmoins quelques doutes sur le bonhomme et son équipe, qui furent donc mis en résidence surveillée dans une petite maison tout à fait charmante, dûment truffée de micros. L'analyse des conversations en Allemand des scientifiques était tout à fait surprenante : ils semblaient s'étonner de cette obsession des Alliés pour l'arme nucléaire.

Et puis la vérité éclata un certain jour d'août 1945, quand les Anglais donnèrent à leurs invités le journal annonçant en première page le bombardement d'Hiroshima. La réaction d'Heisenberg fut édifiante. Pour lui, c'était de la pure propagande, un canular subtil et tordu : la bombe atomique, il le savait, il l'avait prouvé par calcul, c'était une vue de l'esprit, ça ne pouvait pas marcher, c'était impossible.

Aurait-il cru à la Bombe, peut-être Heisenberg aurait-il résisté aux demandes pressantes du régime nazi. Ou pas. Peut-être est-ce tout simplement son scepticisme qui a sauvé notre civilisation…

3 commentaires:

  1. Incidemment, c'est grâce au principe d'incertitude de ce monsieur que l'on ne peut pas réaliser le rêve de tout trekkie (après une vulcaine nue et soumise), à savoir la téléportation... Enfin, à moins que l'on ne découvre encore un autre truc vachement révolutionnaire que personne ne comprendra, tout pareil que le monsieur.

    Dans Star Trek, d'ailleurs, les téléporteurs comprennent un appareil appelé le "compensateur d'Heisenberg", qui ne sert qu'à dire que, voilà, dans le futur alternatif qu'est Star Trek, on a trouvé comment contourner le problème grâce au bidule magique qui fait que...

    Génial, non ?

    RépondreSupprimer
  2. on arrive néanmoins, de nos jours, à "téléporter de l'info", en fait, à recréer à distance et instantanément un état de particule. si on arrivait à coder des infos un peu plus fine avec ce système (dans l'état actuel, ça ne permet -en théorie- quasiment que des transmissions de type binaire ou au mieux, morse), on pourrait contourner certaines lois de la physique.

    mais pas encore, en effet, téléporter de la matière.

    RépondreSupprimer
  3. Y en a qui y sont arrivés : mais ils ne savent plus où ils ont téléporté leur cerveau !

    RépondreSupprimer