mercredi 25 novembre 2009

Nestor Ivanovitch Makhno




"Quand il se développe, l'anarchisme ne reconnaît aucune limite."
(Nestor Makhno, 1888-1934)

Dans la mythologie gauchiste, Makhno, homme d'action bien plus que théoricien, tient une place à part. D'aucuns aiment à le réduire à un simple "chef des anarchistes", expression paradoxale pourtant non dénuée de vérité, mais le personnage est, comme souvent dans ce genre de cas, plus complexe. Il faut déjà savoir que la "république" libertaire mise en place par Makhno et ses compagnons couvrait l'Est de l'Ukraine, un territoire peuplé de près de 7 millions d'habitants, qui vécurent donc pendant quelque temps sous ce que l'on appellera, faute de mieux, un régime anarchiste. Le mode de fonctionnement de cet état sans état semble avoir été viable, et ce sont des forces extérieures (principalement l'Armée Rouge commandée à l'époque par Trotski) qui en ont précipité la chute. Il faut dire que le communisme libertaire des makhnovistes ne s'embarrassait pas de Parti, et Moscou le voyait donc comme une menace, après l'avoir traité en allié au début de l'insurrection blanche.

Mais une des grandes percées de Makhno, qui fut l'arbitre du système mais avant tout le chef militaire chargé de le défendre, c'est l'invention de la guerre mécanisée (qui ne fut pourtant théorisée que bien plus tard par De Gaulle et mise en application avec le succès que l'on sait par Guderian) mais à une époque non mécanisée : son arme tactique de prédilection était en effet la tatchanka, une charrette à foin équipée d'une mitrailleuse de type Gatling, qu'il alignait en grandes quantités (au moins quarante charrettes de front) pour charger l'ennemi. Les résultats furent étonnants, et il fut rapidement imité. Avantage de la tatchanka dans un contexte anarchiste : elle était mobilisable et démobilisable très rapidement. Après le combat, elle retournait à la ferme et à sa fonction première, et en cas de besoin, en moins d'une heure, un secteur pouvait ré-équiper de quoi laminer un bataillon ennemi.

Vaincu par les Rouges, blessé, rongé par la tuberculose, le "Batko" Makhno dut se réfugier en France où il participa à des mouvements libertaires. Son urne funéraire est encore au Père-Lachaise.

6 commentaires:

  1. Un monde égalitaire sans chef, ça ne pourra jamais fonctionner malheureusement. L'humain est ainsi fait, il y a une thèse à faire là-dessus (si ce n'est déjà fait). Entre ceux qui veulent tout régir et ceux qui ne veulent rien décider ça arrange tout le monde d'avoir un fonctionnement pyramidale de la société. Et il faudrait aussi des humains éduqués, aptes à un minimum de réflexion aussi. Ajouté à ça la mauvaise image de l'anarchie diffusée par les médias et ceux qui se disent anarchistes ne sachant absolument pas ce que c'est, c'est dur. J'ai un ami qui est dans un vrai mouvement anarchiste, ça le fout en rogne toujours. Bref l'anarchie est une utopie impossible…

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  2. et justement, c'est pour ça qu'il faut qu'il y ait des agitateurs d'idées anars. sinon on sombre dans une espèce de conformisme mou, puis au repli, qui est la porte ouverte à tous les Eric Besson du monde.

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  3. Besson ou n'importe quel autre (malheureusement). J'ai encore entendu un gars du PS (je ne sais plus qui malheureusement) qui expliquait que si on ne régulait rien ça allait être l'anarchie. Et les journaleux en face n'ont pas bronché. Anarchie = bordel = violence = cataclysme. Si si.

    Perso je ne suis pas anar parce que je n'ai pas confiance en mon prochain (j'aimerais, mais quand on regarde le monde tel qu'il est c'est dur), mais j'ai de la sympathie pour les idées véhiculées. Une utopie c'est toujours beau.

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  4. Moi je suis anar parce que je n'ai pas confiance dans les autres, du coup autant éviter d'avoir comme chef quelqu'un en qui je n'ai pas confiance...

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  5. Bonjour a tous!!
    es que quelqu'un sais exactement a quel endroit au Pere Lachaise est enterré Nestor Ivanovich?
    Je vous serai très reconnaissent...
    merci d'avance.

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  6. j'ai vu la plaque une fois où j'y étais, mais je ne connais pas les cotes précises. le plus simple, c'est de regarder sur le site du Père Lachaise, qui liste les personnages enterrés là.

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